Shadowz : la première plateforme de screaming

par | Mar 28, 2020 | Dossier | 0 commentaires

Avez-vous entendu parler de Shadowz ? Ce cadeau venu du ciel pour tous les amoureux du cinéma de genre ? Enfin du ciel pas vraiment, mais du travail d’une petite équipe de passionnés nichés dans des bureaux parisiens. Cette plateforme de streaming 100 % genre au prix rikiki et au catalogue généreux pourrait bien devenir votre passe-temps favoris durant cette période de confinement. Quand l’horreur est dehors, consolons-nous avec plus d’horreur chez nous. Voici donc 5 films que je vous conseille fortement sur Shadowz (comme toujours, j’ai pris soin d’éviter les classiques évidents).

5 films à découvrir sur Shadowz :

Cheap Thrills – E.L. Katz – 2014 (USA)

Jusqu’où iriez-vous pour de l’argent ? Telle est la question que pose Cheap Thrills, une petite pépite d’humour noir signée E.L. Katz, scénariste de quelques films d’Adam Wingard (Home Sick, Pop Skull). Lorsqu’un monsieur tout-le-monde sur le point de tout perdre se voit proposer de l’argent « facile » contre quelques défis, la décence et la bonté humaine deviennent très vite des concepts très… lointains. En resserrant ses enjeux autour d’un concept simple et en enfermant ses personnages autant dans un lieu clos que dans leurs propres convictions capitalistes, le réalisateur parvient à générer un quasi-huis-clos palpitant où le rire laisse doucement place au malaise. Porté par un casting génial et une mise en scène extrêmement maline, Cheap Thrills ne déraille jamais et surligne toutes ses situations cocasses d’un réalisme froid qui ne permet au final aucune légèreté. On commence le film en rigolant doucement, on en ressort dégoûté par la réalité morbide de l’homme et sa société.

Clique ici pour voir le film sur Shadowz.

Génération Proteus (Demon Seed) – Donald Cammell – 1977 (USA)

Un scientifique renommé met au point l’ordinateur le plus perfectionné du monde : Proteus IV. Testant cette intelligence artificielle dans sa propre maison, il voit vite sa femme se faire enfermer contre son gré par cette entité artificielle bien décidée à entreprendre plus que ce pour quoi elle a été programmée. Film visionnaire passé inaperçu à son époque, Demon Seed (on préférera le titre original, collant beaucoup plus aux thématiques du film) est réalisé par l’artiste écossais aux multiples facettes Donald Cammell. Son expérience de peintre apporte au long-métrage une patte visuelle indéniable, notamment lors de nombreuses séquences générées par ordinateur. Métaphore sur l’enfermement physique et mental des femmes par les hommes et de leur réduction aux rôle de mères au foyer, Demon Seed ne nous épargne rien du calvaire de son héroïne (formidable Julie Christie) et marche avec prestance sur cette fine ligne qui sépare discours politique pertinent et plaisir déviant racoleur. Lorsque l’humain ne sait plus que créer la mort et la destruction, c’est au tour des machines d’engendrer la vie…

Clique ici pour voir le film sur Shadowz.

Messe Noire (Evilspeak) – Eric Wetson – 1981 (USA)

Si Messe Noire peut être vu comme une version masculine de Carrie (Coopersmith, le souffre-douleur de son école, trouve un livre satanique qui va lui filer un petit coup de pouce pour sa vengeance.), le film d’Eric Wetson possède assez de ressources pour ne pas tomber dans les affres du sous-produit racoleur. Ne cherchant jamais à rivaliser avec la grandeur formelle et thématique du film de Brian De Palma, Messe Noire abandonne la subtilité visuelle et thématique au profit de l’efficacité immédiate. Bourré de clichés, gentiment sexiste et généreux en effets spéciaux aujourd’hui délicieusement rétros, le film accuse inévitablement son âge. Mais c’est aussi ce côté purement 80’s qui fait tout le charme de ce Breakfast Club satanique. Un pur plaisir bis qui atteint son point d’orgue lors d’un final apocalyptique qui voit Coopersmith léviter et trancher des têtes à coup d’épée ancestrale pendant que des cochons tueurs dévorent vivant ses camarades de classe. Qui dit mieux ?

Clique ici pour voir le film sur Shadowz.

Heartless – Philip Ridley – 2010 (Royaume-Uni)

Écrit et réalisé par le trop rare Philip Ridley (3 films, 3 claques : L’Enfant Miroir, Darkly Noon et Heartless), ce conte macabre moderne suit les mésaventures d’un solitaire asocial (superbe Jim Sturgess) complexé par une énorme tâche de naissance lui recouvrant le visage. Pour effacer cette tâche, il fait un pacte avec le diable (Coopersmith sort de ce corps !) mais devra en assumer les conséquences… Fortement influencé par l’œuvre de Clive Barker, Philip Ridley filme les tréfonds de la ville comme un enfer purulent grouillant de démons. Reste alors à savoir s’il s’agit de véritables goules maléfiques, de délinquants encapuchonnés ou du fruit de l’imagination de notre héros. Il émane d’Heartless une puissance silencieuse tétanisante, de celle qui nous happe dans une histoire et ne nous lâche plus une fois celle-ci terminée. Sombre pour mieux être lumineux et traumatisant pour mieux être pertinent, le film de Ridley est un portrait glaçant de l’enfer des laissés-pour-compte, celui dont nous sommes les démons.

Clique ici pour voir le film sur Shadowz.

Detour – Christopher Smith – Royaume-Uni (2016)

Connaissez-vous Christopher Smith ? Ce réalisateur anglais de génie qui nous a offert autant de bombes que sont Creep, Severance, Triangle et Black Death. Son dernier exploit en date, Detour, est un thriller à tiroirs qui continue de hanter l’esprit longtemps après le visionnage. En posant un regard affûté mêlant tendresse et amertume sur ses anti-héros paumés, le cinéaste touche du doigt la perfection technique, narrative et symbolique. Le jeune Tye Sheridan y livre une superbe interprétation, quelques années avant sa consécration dans Ready Player One. Empruntant avec intelligence à Hitchcock et De Palma, Detour est une bonne petite claque qui effleure l’aura des grands classiques du genre.

Clique ici pour voir le film sur Shadowz.