Faites-vous peur pour Halloween : 10 perles horrifiques méconnues à découvrir d’urgence.

par | Oct 29, 2019 | Dossier | 0 commentaires

Si vous êtes un visiteur régulier de ce site (déjà : merci), vous n’attendez probablement pas Halloween pour mater des films d’horreurs, parce que chez vous la tripaille, c’est toute l’année. Mais si vous passez ici par hasard, il se peut que vous cherchiez un petit effroi temporaire, tout en en ayant ras-le-bol de fouiller les bas-fond de Netflix pendant des heures à la recherche de la perle rare. Ne cherchez plus, je vous en donne ici 10 ! De quoi vous faire un beau collier. Et quand bien même vous seriez connaisseur, vous pourriez malgré tout faire quelques découvertes inattendues.

Happy Halloween !

 

1. Lake Mungo – Joel Anderson – 2010 (USA)

« Boarf, un énième found footage horrifique, ce sera sans moi ». Telle est la phrase qui pourrait venir à l’esprit en découvrant le pitch de Lake Mungo : Endeuillée par le disparition de leur fille, une famille se retrouve confrontée à d’étranges événements paranormaux. Sauf que le traitement adopté par le réalisateur Joel Anderson (dont c’est le seul long-métrage) fait ici toute la saveur de cette histoire cauchemardesque. Loin d’être une excuse pour faire un film d’horreur au rabais, le found footage apporte à Lake Mungo un sentiment d’authenticité terrifiant. On se retrouve captivé par ce faux documentaire plus vrai que nature (tous les codes sont là et les acteurs sont excellents) et c’est cette sensation de réalisme accru qui fait que l’on ressort de Lake Mungo terrifié par ce que l’on vient de voir et fasciné par l’incroyable efficacité d’une œuvre qui fait très peur avec très peu.

2. Exte – Sono Sion – 2007 (Japon)

Le cadavre d’une jeune fille est retrouvé dans un conteneur. Un employé de la morgue où est emmené le corps fait alors une découverte étrange : malgré son trépas, les cheveux de la victime n’arrêtent pas de pousser… Cinéaste absolument génial, Sono Sion plonge ici le tête la première dans la J-horror pour mieux la dynamiter de l’intérieur. Si l’horreur japonaise nous a habitué aux fantômes dotés de longs cheveux noir et gras, ils ont rarement été la source première de la menace. Le concept parle donc de lui même : c’est absurde mais ça se prend suffisamment au sérieux pour refiler la dose de frisson attendue. Cette histoire de cheveux possédés réussit donc l’exploit d’être drôle tout en faisant peur, la recette parfaite pour un programme d’Halloween entre potes. Et je peux pas m’empêcher de finir par cette blague : Exte, un pur bonheur sur pellicule.

3. Der Nachtmahr – Akiz – 2015 (Allemagne)

Réalisé par l’artiste plasticien allemand Akiz, Der Nachtmahr (le cauchemar) raconte l’histoire d’une adolescente dont les rêves sont hantés par une étrange créature… qui va commencer à se manifester dans sa vie de tous les jours. Der Nachtmahr part d’une idée simple : imaginer une histoire autour du célèbre tableau du même nom du peintre Henry Fuseli. Ambiguë et passionnant de bout en bout, le film utilise le fantastique pour dresser le portrait d’une jeunesse perdue, la créature pouvant être autant perçue comme la personnification des tourments de l’héroïne q’un échappatoire au monde réel. Un sacré ride onirique que ce drame horrifique intime qui en appelle au cinéma de Gaspar Noé, David Cronenberg, Andrzej Zulawski et Frank Henenlotter, rien que ça.

4. Mum and Dad – Steven Sheil – 2008 (Royaume-Uni)

Papa et Maman ont un sens de la famille bien à eux. Ces deux êtres dérangés capturent en effet des jeunes âmes perdues afin de les intégrer à leur famille… à grand coup de tortures physiques et psychologiques. Confectionné avec un budget riquiqui mais un véritable amour du genre, le film de Steven Sheil est une plongée infernale dans l’intimité de psychopathes. Massacre à la tronçonneuse n’est évidemment pas loin. D’une rare noirceur, Mum and Dad use d’un premier degrés inébranlable empêchant tout désamorçage de la tension et rend ainsi l’expérience traumatisante au possible. Une véritable sensation d’oppression émane de cet objet filmique putride et déviant dont on ressort l’esprit sale et l’âme souillée. Mais c’est ça qu’on aime, pas vrai ?

5. Terreur – Antoni DiBlasi – 2009 (USA)

Lorsqu’un étudiant en philosophie décide de mener une thèse sur les peurs enfouies de ses camarades et d’en faire un film, les choses vont vite déraper. Adapté d’une nouvelle des Livres de Sang de Clive Barker, Terreur (Dread en VO) est une excellente série B parvenant à aborder avec sérieux une horreur avant tout psychologique. Si le réalisateur Antoni DiBlasi choisit ici de porter à l’écran l’un des seuls écrits de l’auteur ne comprenant aucun élément fantastique, c’est pour mieux embrasser un nihilisme et une noirceur terriblement humains. Le casting, l’écriture et la mise en scène sont solides et l’ambiance se fait graduellement oppressante au fur et à mesure que l’on s’enfonce dans un enfer humain que l’on découvre fatalement sans issue, car composé de nos démons personnels.

6. Amityville 2 : Le Possédé – Damiano Damiani – 1982 (USA)

Attention, un chef d’œuvre se cache dans cette suite mésestimée du culte (et pourtant très moyen) Amityville. Quand une nouvelle famille emménage dans la maison maudite, les forces maléfiques qui s’y tapissent vont influer de plus en plus sur ses membres en les possédant un par un. Le réalisateur italien Damiano Damiani filme tout cela avec une caméra possédée quant à elle par la grâce, captant avec subtilité la dégénérescence d’un foyer dysfonctionnel déjà bien longtemps avant d’être visité par des esprits frappeurs. Ainsi, dès la scène d’ouverture, toute la violence silencieuse qui anime les personnages est déjà présente. Les entités sataniques à l’œuvre ne feront alors que lever le voile du mal-être de chacun, les poussant à céder à leur pulsions les plus sombres (le film aborde notamment la question de l’inceste avec une rare radicalité). En somme, une véritable satire noire du rêve américain sous forme d’un film d’horreur qui n’a rien à envier à L’Exorciste de William Friedkin, et dont le digne héritier n’est nul autre que le tout aussi fabuleux Hérédité d’Ari Aster.

7. Alyce Kills – Jay Lee – 2012 (USA)

Réalisateur de l’assez mauvais Zombie Strippers, Jay Lee laisse tomber la blague horrifique potache pour une terreur à la fois plus frontale et insidieuse. Alyce Kills colle au basque de son héroïne, une jeune femme rongée par le chagrin et les remords après avoir assisté à la mort accidentelle de sa meilleure amie alors qu’elles étaient toutes les deux en état d’ébriété. Relecture morbide d’Alice aux Pays des Merveilles, Alyce kills est une descente aux enfers, ceux de l’esprit d’Alyce, terrier de doutes, de cauchemars et de traumatismes. Une œuvre violente, prenante et profonde sur la culpabilité et l’auto-destruction.

8. Macabre – Kimo Stamboel & Timo Tjahjanto (The Mo Brothers) – 2009 (Indonésie)

S’il a toujours du mal à percer dans nos contrés, le cinéma de genre indonésien n’as plus à prouver sa légitimité face à celui des autres pays du globe. Foyer d’auteurs fascinants, l’Indonésie nous a notamment offert les Mo Brothers, un duo de réalisateurs qui n’y va pas avec le dos de la cuillère quand il s’agit de filmer la violence. Sur un postulat de départ éculé au possible (un groupe de jeunes trouvent refuge dans la demeure de psychopathes), les cinéastes tirent ici leur chandelle en fonçant corps et âmes dans un déchaînement de gore et une irrévérence diabolique. Les tripes volent, les membres tombent et les tableaux sanglants mémorables s’enchaînent dans ce magnifique carnage rouge où l’on n’hésite pas une seconde à violenter des femmes enceintes, dans la pure veine des Catégories III de l’époque. Évitez de trop manger avant.

9. Creep I & II – Patrick Brice – 2014, 2017 (USA)

Il serait malvenu de dissocier Creep de sa suite, tant le duo de films forme un diptyque des plus cohérent. Vous aurez donc ici deux films pour le prix d’un ! Tout deux réalisés par Patrick Brice et produits par Blumhouse, ces péloches « found footage » s’attachent à dresser le portrait d’un sociopathe magnifiquement interprété par un Mark Duplass possédé, suscitant tour à tour la peur, l’inquiétude et la pitié. Alors que le premier film est un piège tendu à monsieur tout le monde (un jeune vidéaste est embauché par un homme qui vit reclus dans les montagnes pour réaliser une vidéo bien particulière), le second interroge sur la fascination du public pour les serial killers et les psychopathes (cette même fascination éprouvée par le spectateur lors du premier film). Loin du simple gadget, le found footage décuple ici le malaise avec nombre de regards caméra et d’angles morts. Malin et dérangeant. (dispos sur Netflix)

10. Pyewacket – Adam Macdonald – 2018 (Canada)

Une adolescente en conflit avec sa mère invoque des forces démoniaques pour échapper à sa condition et punir sa matriarche. Quelle œuvre ensorcelante que ce Pyewacket. Le réalisateur canadien Adam Macdonald soigne ses effets et sa mise en scène pour retranscrire avec justesse le mal-être adolescent. La jeune actrice Nicole Munoz est parfaite dans ce rôle d’adulte en devenir accablé par les injustices de sa vie. Elle se verra vite dépassée par le chaos qu’elle a elle-même invoqué dans une tentative désespérée de reprendre le contrôle de son quotidien. Les rares apparitions du démon, dont on ne saura jamais s’il est un fruit de l’imagination de l’héroïne ou non, sont terriblement efficaces et hérisseraient jusqu’au duvet d’un pré-pubère. Pyewacket est une œuvre à combustion lente, tout en retenue, qui prend le temps de multiplier les interrogations et de faire monter la pression pour arriver à un pay-off final traumatisant