Calendrier de l’avent Halloween : 31 films d’horreur à découvrir

par | Oct 1, 2020 | Dossier | 2 commentaires

Des citrouilles, des bonbecs, des déguisements, des rituels sataniques où on égorge des chiots par paquets de 10… mais surtout, des films d’horreur ! On connait tous la recette d’un Halloween réussi. Cette année, en plus de vous envoyer des chiots par Chronopost, je vous conseille 1 film de genre par jour jusqu’à Halloween. Comme d’habitude, j’ai bien sûr évité les grands classiques et les films trop populaires. On a beau parler de tripes, de sang et de tortures corporelles diverses et variées, on fait dans la finesse sur Watching The Scream.

Happy Halloween !

 

1. L’Enfant du Diable

The Changeling

Peter Medak – 1980 (USA)

S’il n’a pas acquis au fil du temps la même aura que les grands classiques des films de maisons hantées, L’Enfant du Diable peut prétendre sans mal à sa place dans le rang, aux côtés de La Maison du Diable, Shining et consort. Brillant dans sa mise en scène et son écriture, le film est en plus porté par le grand George C. Scott, intense et touchant en diable dans le rôle de ce veuf en proie aux démons du passé et du présent. La tension insidieuse alliée au classicisme austère du film en font une bobine d’une efficacité redoutable qu’il est important de réhabiliter auprès des grands étendards du genre.

Disponible en Blu-Ray UK chez Second Sight

2. Lake Bodom

Bodom

Taneli Mustonen – 2016 (Finlande)

Ce slasher finlandais commence de façon on ne peut plus classique : un groupe d’adolescents en plein pique d’hormones part camper en forêt alors qu’un mystérieux tueur rode aux alentours… Mais passé la première demi-heure scolaire (c’est bien évidemment voulu), le film s’amuse à détourner le cahier de charges du slasher avec un scénario malin jouant d’une profonde compréhension de ses codes tout en faisant preuve d’un véritable amour pour le genre en question. Toujours haletant et jamais cynique, Lake Bodom est une friandise horrifique qui ne se refuse pas.

Disponible sur Amazon Prime Video

3. Kissed

Lynne Stopkewich – 1996 (Canada)

Parler de nécrophilie au cinéma (l’astuce pour un bon repas de famille du dimanche) en revient souvent à aborder les 2 (géniaux) Nekromantik de l’allemand Jörg Buttgereit. Il serait fort dommage d’oublier ce Kissed de la canadienne Lynne Stopkewich. Teinté d’une poésie morbide qui ferait frémir Baudelaire dans sa tombe, Kissed raconte l’histoire de Sandra, une jeune étudiante (magnifique Molly Parker) fascinée par la mort. Cette attraction envers l’au-delà se traduit en partie par une attirance sexuelle irrépressible envers les cadavres. Elle rencontrera un jeune homme charmant qui ne tardera pas à tomber fou amoureux d’elle. Seul problème pour Sandra : celui-ci est un peu trop vivant. Jamais jugeur ou inutilement provocateur, ce tour de force cinématographique parvient de façon miraculeuse à insuffler beauté, émotion et poésie au sein d’une thématique on ne peut plus… morbide.

 

4. The Town that Dreaded Sundown

Charles B.Pierce – 1976 (USA)

Quand on parle de la naissance du slasher, certains titres évidents viennent en tête : Black Christmas, Halloween, La Baie Sanglante… Ce serait omettre ce The Town that Dreaded Sundown, sorti en 1976, soit bien avant deux de ses confrères susmentionnés. Certes, la recette du slasher tel qu’on l’entend aujourd’hui n’est pas complète mais de nombreux éléments sont déjà là pour poser les prémices du genre : un tueur en série masqué et inarrêtable, des victimes adolescentes, des mises à mort graphiques… Adapté d’un fait divers sordide, le film mélange habilement horreur et polar lors d’une enquête policière prenante et glauque, laissant même parfois place à une touche d’humour bienvenue. Il aura droit à un très bon remake/suite méta sorti en 2014 par Blumhouse (malheureusement inédit chez nous). L’enchaînement des deux films est une expérience assez galvanisante, je vous encourage à découvrir en quoi…

Disponible en Blu Ray UK chez Eureka Entertainment

5. King of the Ants

Stuart Gordon – 2003 (USA)

Sean, jeune paumé en galère financière, se fait embrigader par la pègre locale pour assassiner un homme. Pris au piège d’une spirale de violences et de trahisons, il va progressivement se transformer en monstre. Avec King of the Ants, le grand et regretté Stuart Gordon (Re-Animator) amorçait sa « trilogie sociale » qu’il achèvera avec les tout aussi excellents Edmond et Stuck. Incroyablement sombre et nihiliste, ce premier volet est une descente aux enfers sans retour possible. Le film, aussi cru que lyrique, alterne scènes de violences extrêmes et visions hallucinatoires tout droit sorties d’un tableau d’un Francis Bacon sous acide. Fou, irrévérencieux, sale et méchant, King of the Ants tape sans ménagement dans la fourmilière sociale et nous écrase tous un par un, alors que l’on tente désespérément de remonter pour trouver un peu d’air.

Disponible en DVD FR

6. Madhouse

Ovidio G. Assonitis – 1981 (Italie, USA)

Encore aujourd’hui inédit en France, Madhouse (aussi connu sous le titre There was a Little Girl) fait partie de la célèbre liste des vidéo nasties, cette terminologie anglaise sous laquelle, dans les années 80, figurait les films les plus violents et dérangeants qui furent interdits au Royaume-Uni. Ce savant mélange de giallo et de slasher (le film est une production italo-américaine) contient en effet son lot de mise à morts bien cradingues et ce dès la séquence d’introduction, qui voit une petite fille défigurer sa sœur jumelle à grands coups de pierre. Mais le film a bien plus qu’une horreur graphique racoleuse à proposer. Distillant une ambiance macabre à souhait et frappant fort avec un final ultra-glauque évoquant avec délice une certaine séquence mythique de Massacre à la Tronçonneuse, Madhouse fait partie de ces innombrables pépites bis des années 80 à réestimer d’urgence.

Disponible en Blu Ray UK chez Arrow Video

7. Offspring

Andrew Van Den Houten – 2009 (USA)

Un clan de cannibales vivant à l’état sauvage s’adonne au massacre et à l’abduction d’une famille bien rangée afin de se remplir la panse comme il se doit. Premier film de la trilogie de « la Femme Sauvage » inspirée des romans de Jack Ketchum, Offspring est donc la préquelle méconnue du film culte de Lucky McKee. S’il n’atteint jamais la perfection subversive de son successeur direct (le film est moins bon que The Woman mais bien meilleur que Darlin’, le troisième  opus), la sauvagerie et la brutalité du truc sont telles que l’on en ressort éreinté et l’estomac retourné. Et ça c’est toujours un plaisir recommandable. On y découvre pour la première fois la superbe Pollyanna McIntosh dans le rôle de la femme sauvage, que l’on retrouvera dans les deux suites.

Disponible en Blu Ray UK chez Arrow Video

8. Metamorphosis

Byeonshin

Hong-seon Kim – 2019 (Corée du sud)

Ce film de possession coréen est bien plus qu’un énième ersatz aseptisé de L’Exorciste. Classique au premier abord, le scénario apporte néanmoins un concept rafraîchissant pour ce type de films : le démon peut passer d’un corps à l’autre en un instant. Une terrible atmosphère de paranoïa s’installe alors et l’on se met à scruter minutieusement chaque (très beau) plan à la recherche d’un indice pouvant nous indiquer qui est le possédé. La paranoïa inhibe progressivement la bobine… Et l’on en viendrait presque à se dire que ce Metamorphosis emprunte plus au The Thing de Carpenter qu’au film matrice de William Friedkin.

 

9. Calibre

Matt Palmer – 2018 (Royaume-Uni)

Si la mention « A Netflix Original Film » fait bien souvent crisser des dents les cinéphiles, il reste néanmoins une poignée de films tirant admirablement leur épingle du jeu foireux du grand N rouge. De ceux-là, Calibre est probablement le plus brillant. Plongée suffocante dans l’horreur vécue par deux amis partis chasser au cœur des terres écossaises, Calibre est une œuvre profondément sombre, chargée d’émotions brutes, qui aborde ses thèmes avec une subtilité rare et dont il convient de ne pas dévoiler les tenants et aboutissants avant le visionnage. Je m’arrête donc là mais sachez une chose : nous avons là l’un des meilleurs survivals des années 2010, incontestablement.

Disponible sur Netflix

 

10. La Marque du Diable

Hexen bis aufs Blut gequält

Michael Amstrong – 1970 (Allemagne)

En Autriche, au début du XVIIIe siècle. Le pays vit sous le règne de la terreur, l’inquisition traque et fait exécuter sans relâche les personnes accusées d’hérésie ou de sorcellerie. Un doux parfum de torture porn se dégage de cette péloche bis terriblement froide et réaliste. Cette chasse aux sorcières où les bourreaux sont bien sûr les véritables monstres de l’histoire met une fois de plus en exergue l’hypocrisie des religions, bien souvent prétexte à justifier les pires immondices humaines. La qualité des effets spéciaux et l’écriture soignée de personnages, tous plus mauvais et sadiques les uns que les autres, font que le film reste toujours aussi glaçant, 50 ans plus tard.

Disponible en DVD FR

 

11. The Strange Thing About the Johnsons

Ari Aster – 2011 (USA)

Avant d’atomiser le cinéma horrifique contemporain avec les chefs d’œuvre Hérédité et Midsommar, Ari Aster réalisa quelques courts-métrages, laissant déjà entrevoir l’immensité de son talent. The Strange Thing About the Johnsons est assurément le meilleur d’entre eux. La patte visuelle et les thèmes de prédilection du bonhomme sont plus que jamais présents dans cette histoire de secret familial glauque au possible qui opère mine de rien un incroyable retournement de cerveau chez le spectateur, et ce grâce à une simple idée scénaristique génialement tordue.

Disponible gratuitement sur Vimeo

 

12. Behind the Mask : The Rise of  Leslie Vernon

Scott Glosserman – 2006 (USA)

Une équipe de reporters suit le quotidien d’un tueur en série désirant devenir le nouveau « Michael Myers » de son époque. Quel film curieusement génial que ce Behind The Mask ! Found footage méta prenant place dans un univers où tous les mythiques tueurs de nos slashers préférés ont bel et bien existé (Myers, Voorhes, Chucky…), le film de Scott Glosserman fait preuve d’une ingéniosité sans faille lorsqu’il s’agit de décortiquer le modus operandi d’un boogeyman, analysant par la même occasion les codes et gimmicks inhérants au slasher. Le fan service est bien évidemment de la partie mais ne s’avère jamais gratuit ou pesant, car prenant toujours place au cœur d’un commentaire fascinant sur tout un pan du cinéma de genre. Une véritable tuerie.

 

13. D’Origine Inconnue

Of Unknown Origin

George P. Cosmatos – 1983 (USA)

Un banquier fortuné voit son quotidien tourner progressivement au cauchemar lorsqu’un rat géant décide de s’installer dans ses murs… Réalisé par George Pan Cosmatos (papa de Panos « Mandy » Cosmatos et réalisateur de Rambo II, Leviathan et du génial western Tombstone), D’Origine Inconnue met donc en scène un Peter Weller perdant peu à peu les pédales face à un rongeur particulièrement coriace (en fait, c’est un peu un La Souris pour adultes). En filmant quasi-exclusivement la créature en gros plans, le réalisateur assure une certaine dose de réalisme et un suspens rampant à ce film d’horreur psychologique terriblement efficace.

Disponible en Blu Ray UK

 

14. Spring

Justin Benson & Aaron Moorhead – 2015 (USA, Italie)

Faisant face au deuil de sa mère, le jeune Evan part se changer les idées en Italie. Au cœur d’un petit village, il tombe amoureux d’une jeune femme du coin, mais celle-ci cache un lourd secret… Il serait dommage d’en dévoiler plus de l’intrigue de ce film Conenbergo-Lovecraftien (admirez le terme) aussi dérangeant que touchant. Avec ce second long-métrage, ode au bizarre et à l’amour, les ultra-talentueux Justin Benson et Aaron Moorhead atteignaient déjà un certain nirvana artistique et thématique. Face au monstre du deuil, la fuite ne peut que nous emmener vers d’autres monstres…

Disponible en Blu Ray UK

 

15. Run and Kill

Wu Syu

Billy Tang – 1993 (Hong Kong)

Peut-on se lancer dans une telle liste sans y glisser un bon petit Catégorie III ? Bien sûr que non ! Lieu de tous les excès et crasses humaines, le cinéma hong kongais de Catégorie III (classification du pays qui divisait les films en 3 catégories, la troisième étant tout bonnement une carte blanche à tous les débordements et à la violence la plus extrême) a connu son âge d’or dans les années 90. Run and Kill s’attarde sur le périple d’un père de famille qui, lors d’une soirée très arrosée, décide de payer un malfrat pour assassiner sa femme. Pris de regrets dés le lendemain, le benêt est déjà bien enlisé dans un engrenage criminel qui va vite le dépasser. Si la mise en scène a parfois du mal à se calquer sur la folie du propos, le film de Billy Tang est une ascension tellement démente vers la monstruosité humaine la plus totale, le tout saupoudré d’un humour sale et méchant des plus exquis, qu’il est tout simplement impossible de bouder son plaisir. À voir aussi pour les amateurs d’infanticides, de démembrements et de fluides corporels en tout genre, ces autres fleurons de la Catégorie III : Ebola Syndrome, The Untold Story, Red to Kill, Daughters of Darkness

Disponible en DVD FR

 

16. Coherence

James Ward Byrkit – 2013 (USA)

Alors qu’une comète passe au-dessus de Los Angeles, un groupe d’amis se retrouve confronté à des phénomènes spatio-temporels étranges le temps d’une soirée. Film de SF minimaliste (petits moyens, grandes idées) terriblement malin et intelligent, Coherence fait partie de cette (rare) catégorie de films qui ne cesse de surprendre d’une scène à l’autre. Tout bonnement imprévisible mais constamment fascinant, il est impossible de lâcher son regard de ce méticuleux casse-tête cinématographique. Un deuxième visionnage indispensable prouvera que le film porte bien son nom.

Disponible en Blu Ray UK

 

17. After Midnight

Jeremy Garner & Christian Stella – 2019 (USA)

Quand sa petite amie disparaît, laissant pour seule explication un message énigmatique, la vie bien rangée et la santé mentale de Hank se fissurent. C’est à ce moment précis qu’une bête sauvage se met à attaquer sa maison, tous les soirs, après minuit. Devant et derrière la caméra, Jeremy Gardner (The Battery) donne tripes et cœur à ce poème noir sur l’amour, la solitude et le deuil des relations. Aussi pesant dans son ambiance que doux dans son propos, After Midnight explore les tourments intérieurs de son personnage principal au plus profond de la nuit, là où les quelques âmes encore éveillées se retrouvent face aux cauchemars de leur monde.

Disponible en Blu Ray UK chez Arrow Video

 

18. Les Charognards

The Hunting Party

Don Medford- 1971 (USA)

Au Texas, le bandit Calder enlève la femme de Ruger, un notable de la région. Celui-ci lui donne la chasse, sa rage est d’autant plus forte que son épouse est tombée amoureuse de son ravisseur. Si l’on ressort autant éreinté, épuisé et galvanisé de ce western à la sauce survival, c’est parce que tous ses éléments, de l’écriture à la mise en scène, en passant par le casting et la musique, se mêlent avec fougue et brio dans un impitoyable ballet cinématographique. Gene Hackman et Oliver Reed donnent tout ce qu’ils ont pour donner vie à cette chasse à l’homme où les relations se font et se défont à coups de tendresses et de sévices mêlées. Et donc, entre les poursuites, les violences et la sécheresse implacable des images, on n’en oublie pas moins le thème principal du film : l’Amour, le seul, le vrai, celui qui déchire, qui blesse, qui élève, qui soigne… C’est pas du Peckinpah, mais ça en a clairement la fougue, la maîtrise et la rage.

Disponible en Blu Ray UK

 

19. Gothic

Ken Russel – 1986 (Royaume-Uni)

S’il n’est pas le film le plus connu de Ken Russel (le chef d’œuvre Les Diables et le fabuleux Au-delà du Réel ont fait couler bien plus d’encre), Gothic reste néanmoins une pièce de choix dans la filmographie du cinéaste anglais. Prenant place lors de cette nuit aussi folle que fatidique où Mary Shelley eu l’idée de son roman Frankenstein ou le Prométhée Moderne, Gothic adopte pour ainsi dire la forme d’un tableau filmique infernal et plus ou moins abstrait. Sont réunis dans une luxueuse villa qui surplombe le lac Leman : deux illustres poètes, lord Byron et Percy Shelley, ainsi que leurs compagnes Claire Clairmont et Mary Shelley et le docteur Polidori. Aristocrates oisifs en manques de sensations, les mythiques protagonistes de cette soirée vont s’adonner à l’invention d’histoires horrifiques… Au sein de cette fantasmagorie collective, les démons intérieurs de chacun ne tardent pas à envahir les lieux. Une orgie hallucinatoire qui permet à Russel d’offrir quelques scènes profondément dérangeantes, en usant d’une imagerie cauchemardesque apte à marquer la rétine. Le savoir-faire du réalisateur est pour beaucoup dans la réussite de ce curieux objet d’art à l’ambiance sombre et onirique.

Disponible en DVD UK

 

20. Blue my Mind

Lisa Brühlmann – 2017 (Suisse)

Premier long-métrage derrière la caméra de l’actrice suisse Lisa Brülhmann, Blue My Mind suit le parcours initiatique de Mia, une adolescente en mal de vivre persuadée que ses parents lui cachent sa véritable nature. Pour cause : son corps est en proie à de curieuses mutations… La métamorphose monstrueuse de l’être comme métaphore du passage à l’âge adulte… le procédé a beau ne pas être nouveau, Blue My Mind fait preuve de tant de talent et de subtilité à tous les étages qu’un véritable vent de fraîcheur souffle sur notre esprit de cinéphile à la découverte de cette œuvre douce-amère. Les affres de l’adolescence et tout le bagage émotionnel, psychologique et sociologique qui l’accompagnent y sont dépeints avec une poésie parfois si noire qu’on peine, jusqu’à la fin, à entrevoir la lumière…. Avant qu’elle nous transperce le cœur lors d’un final à la mélancolie dévastatrice. Dans le rôle de Mia, Lua Wedler est absolument subjuguante.

 

21. The Evil Within

Andrew Getty – 2017 (USA)

L’histoire derrière la naissance de The Evil Within est encore plus « fucked up » que le film lui-même (et ça en dit beaucoup) : le réalisateur Andrew Getty, héritier millionnaire de l’entreprise pétrolière américaine Getty Oil, a passé plus de 10 ans à concevoir et réaliser ce film d’horreur. Accro aux méthamphétamines, il s’inspirera de ses propres visions sous influence pour en concevoir les scènes horrifiques. Il mourra d’une overdose avant d’avoir pu concrétiser le projet, qui l’aura, au passage, complètement ruiné. Wow… vous êtes toujours là ? Concernant l’intrigue, elle s’attarde sur le quotidien d’un jeune handicapé mental dont le double maléfique, qu’il voit apparaître dans un miroir antique, lui ordonne de tuer les gens qui l’entourent. Une telle agitation en coulisses pouvait laisser présager une catastrophe à l’écran… Et si quelques scènes de dialogues à rallonge filmées sans panache rendent parfois le visionnage fastidieux, The Evil Within est tellement rempli ras-la-casquette de visions de terreur profondément dérangeantes et d’idées graphiques aptes à retourner Dali dans sa tombe que la pilule passe sans peine. Si vous aimez les pilules hallucinogènes, cela va de soi.

Disponible en Blu Ray UK

 

22. I am a Hero

Shinsuke Sato – 2015 (Japon)

Adapté du manga du même nom, ce film de zombies japonais est probablement ce qui s’est fait de mieux dans le genre depuis… un bail ! Du rythme frénétique à l’humour noir doucement dilué en passant par les effets spéciaux de première qualité, tout est là pour nous délivrer un uppercut horrifique titanesque. I am a Hero est un road trip apocalyptique sans pareil qui trouvera son apothéose tonale et stylistique lors d’une dernière demi-heure épiquement gore qui s’impose sans mal comme l’un des meilleurs morceaux d’horreur de la dernière décennie de cinéma. Entre ça et le génial Ne Coupez Pas !, impossible de s’y tromper : le renouveau du film de zombies vient du Japon.

Disponible en Blu Ray UK

 

23. Enter Nowhere

Jack Heller – 2011 (USA)

Voilà le prototype typique du film qui aurait pu se croire plus malin qu’il ne l’est : trois étrangers, une cabane au fond des bois, une force inconnue à l’œuvre, un budget rikiki… Sauf que le réalisateur Jack Heller (producteur des films de S. Craig Zahler) en a dans le pantalon, et ose les retournements de situations en pagaille et le script à twists sans jamais se casser la gueule. Il serait donc regrettable de dévoiler les tenants et aboutissants de l’intrigue de Enter Nowhere. Cela risquerait de gâcher le plaisir de découvrir une œuvre jamais cousue de fil blanc et qui joue parfaitement avec les attentes du spectateur. Sachez donc juste cela : c’est superbement écrit, il y a la magnifique Katherine Waterston, on oscille entre l’horreur, le drame et le fantastique, le tout enrobée d’une mise en scène simple et efficace. Une balade dans des bois hantés (?) qui s’avère des plus revigorante.

 

24. Parents

Bob Balaban – 1989 (USA)

Que se passe-t-il quand deux psychopathes cannibales à la vie bien rangée décident d’avoir un enfant et de l’élever selon des coutumes… bien à eux ? Pour son second passage derrière la caméra (après un segment du film à sketchs Les Contes des Ténèbres), l’acteur Bob Balaban (vous l’avez notamment vu dans les films de Wes *burp* Anderson) s’attèle à une déconstruction sociale chargée d’humour noir de l’american way of life. Le parcours émancipatoire de cet enfant (formidable Bryan Madorsky) ne se fera pas sans peines et obstacles, car quand la figure rassurante par essence (les parents) devient le cocon de tous les vices et dangers, les repères les plus essentiels s’écroulent. Le réalisateur écaille peu à peu le vernis de cette banlieue proprette en usant d’un ton narratif déstabilisant et d’une mise en scène baroque parfaitement maîtrisée. Un film honteusement tombé dans les limbes de l’oubli alors qu’il avait tout de l’œuvre culte en puissance.

Disponible en Blu Ray UK

 

25. Bobby Yeah

Robert Morgan – 2011 (USA)

Peintre, plasticien, réalisateur… Robert Morgan est un artiste aux multiples facettes et au style unique. Cauchemardesques et infernaux, ses courts-métrages sont de véritables concentrés de mal-être, d’insécurité et de bizarreries en tout genres. En seulement 23 minutes, Bobby Yeah invente et fait vivre un univers unique, entre fantasmagories et hallucinations. Les mésaventures de ce petit homme-lapin-mutant cleptomane viennent gratter la part sombre de notre cerveau pour peindre un tableau vivant de Dali où l’organique purulent se mêle à un surréalisme pandémoniaque.

La pluspart des courts-métrages de Robert Morgan sont disponibles gratuitement sur Vimeo.

 

26. In Search of Darkness

David A. Weiner – 2019 (USA)

Vivier inestimable de pépites horrifiques de tout poils, les années 80 sont ce que l’on pourrait appeler un « âge d’or du cinéma de genre ». C’est sur cette période bénie que revient ce documentaire de 4h30 (et encore, c’est la première partie !). Financé en partie en crowdfunding sur internet, In Search of Darkness est une mise d’or de recommandations filmiques et d’anecdotes autour de tous ces classiques que l’on aime du fond du cœur. Avec son casting d’intervenants 5 étoiles (John Carpenter, Stuart Gordon, Barbara Campton, Corey Taylor…), cette grosse tranche de bonheur est un must-see pour tout amateur de cinéma de genre.

 

27. The Hills Run Red

Dave Parker – 2009 (USA)

Obsédé par un film d’horreur disparu et supposément maudit, le jeune Tyler part sur les traces de son tournage avec un groupe d’amis dans le but de faire un documentaire sur le sujet. Honteusement méconnu, The Hills Run Red est assurément l’un des meilleurs slashers des années 2000. Déjà, parce que son côté méta parfaitement maîtrisé ne se place jamais en cache-misère condescendent mais est au contraire le résultat d’un script intelligent et respectueux du genre qu’il aborde. Ensuite, parce que sa tenue esthétique solide se mêle à un véritable amour et une profonde compréhension des slashers 80s, à qui le film rend un vibrant hommage. Entre tout cela, ça se paye le luxe de nous offrir des personnages intéressants, c’est méchamment gore, délicieusement malsain et on découvre le boogeyman le plus génialement flippant vu dans un slasher depuis… Scream, probablement ?

 Disponible en Blu Ray UK

 

28. German Angst

Jörg Buttgereit, Michal Kosakowski, Andreas Marschall  – 2015 (Allemagne)

Trois réalisateurs allemands orchestrent cette anthologie horrifique cristallisant la face obscure de la société berlinoise. Trois petites histoires pensées comme des cauchemars éveillés qui nous plongent au cœur de l’abysse la plus obscure : l’Homme. Si le grand Jörg Buttgereit (Schramm, Le Roi des Morts…) ouvre le bal avec un segment fidèle à ses obsessions (mort, tortures, traumatismes, troubles psychologiques destructeurs…), son sketch restera le moins marquant, bien qu’il se pose comme l’introduction idéale aux enfers à suivre. La seconde partie, réalisé par Michal Kosakowski, s’avèrera la plus réussie avec son habile mélange de fantastique et d’horreur sociale. Moralement et visuellement éprouvant, cette histoire de « body switching » impressionne par sa violence frontale et sa charge réflective sur nombre de sujets délicats (racisme, vengeance…).  Andreas Marschall (Tears of Kali, Masks) ferme le bal avec un récit de société secrète insidieux et pervers dont la géniale séquence finale n’est pas sans rappeler les conclusions inoubliables des deux films Nekromantik, réalisés par… Jörg Buttgereit. La boucle est bouclée.

 

29. Banshee Chapter

Blair Erickson – 2013 (USA)

Homme d’un seul film mais pas des moindres, Blair Erickson réalise Banshee Chapter en 2013. L’œuvre colle aux basques d’Anna, une journaliste d’investigation partie enquêter sur une étrange drogue développée par la CIA. Sa quête de vérité la conduira dans les fins-fonds d’une Amérique contaminée par la paranoïa et gangrénée ses propres secrets. Le film installe avec brio une atmosphère d’angoisse à couper au couteau, régulièrement transpercée par des moments de terreur pure. Ne tombant jamais dans la facilité, Banshee Chapter distille merveilleusement ses effets pour venir doucement cueillir la peur du spectateur et l’emmener au niveau supérieur. Avec son faux style found footage (la mise en scène reprend l’esthétique et les codes du genre mais le film n’en est pas un), ce tour de train fantôme des plus plaisant s’assure une aura de réalisme déstabilisante qui vient apporter du poids à un script que l’on jurerait sorti d’un excellent épisode d’ X-Files.

 

30. Thanatomorphose

Eric Falardeau – 2012 (Canada)

Un beau matin, la jeune et belle Laura se met inexplicablement et inexorablement à pourrir… Recluse chez elle, son voyage vers la mort mutera progressivement en un apprentissage terrible de la vie, des relations humaines et de l’acceptation de son corps. Huis clos éprouvant par sa violence physique et psychologique inouïe, Thanatomorphose déploie une sensibilité rare autour de son héroïne et des thématiques qu’il aborde, et ce malgré sa charge gore pesante. Le réalisateur Eric Falardeau livre un discours fin et terriblement touchant sur la féminité, le sexisme et la confiance en soi. Une expérience unique, empruntant autant à la poésie macabre de Lucio Fulci qu’à la morbidité organique de David Cronenberg… mais battant toujours de son propre cœur putréfiant.

 

31. Ghostwatch

Lesley Manning – 1992 (Royaume-Uni)

Soir d’Halloween 1992. La BBC diffuse Ghostwatch, un talkshow suivant en duplex une équipe de reporters partie enquêter sur une maison supposément hantée. Leur investigation révèlera bel et bien la présence d’esprits… L’effet fut retentissant : toute une partie du pays est plongée dans la stupeur la plus totale. Sauf que : le tout n’était qu’une immense mascarade, mise en scène de la première à la dernière seconde. Si les spectateurs furent persuadés de regarder une véritable émission, vivant alors probablement l’une des soirée les plus terrifiante de leur existence, c’est grâce au souci de réalisme déployé par le projet : de vrais présentateurs de la BBC ont animé le talkshow, le numéro spectateurs qui s’affichait à l’écran était le véritable numéro de standard  de la BBC, etc… Ghostwatch est donc un film pas comme les autres qui, même en ayant conscience de la fictionnalité de l’expérience, reste parfaitement flippant. Le choix parfait pout clôturer ce calendrier de l’avent spécial Halloween (oui je sais je m’envoie des fleurs). Happy Halloween !

 

BONUS : Je leur ai demandé…

 

WELCOME TO PRIMETIME BITCH !

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Popcorn – Mark Herrier – 1991 (USA)

Quand Fantômas squatte dans un slasher indépendant. S’il n’a pas connu le même succès retentissant que Scream, Popcorn en marque les prémices. Sorti en 1991, Popcorn est un film bien trop sous-estimé à mon gout qui nous embarque dans un cinéma en plein marathon de films d’horreur, le programme idéal pour nous laisser savourer les références cinématographiques que propose ce long métrage. Et si Popcorn fait sourire notamment dans ses clins d’œil à la série B des années 50, il ne tombe jamais dans la parodie avec des rappels à Des Monstres Attaquent la Ville ou encore La Chose Surgit des Ténèbres et encore bien d’autres nanars. Le tout saupoudré d’extraits de films factices en noir et blanc. Enfin, Popcorn c’est un film d’horreur pondu à l’aube des années 90 qui garde encore les stigmates de la décennie précédente, cependant, il opérera une transition parfaite entre le slasher de l’âge d’or et le néo slasher de type Scream. Et pour ne rien gâcher, le film nous offrira de nombreux meurtres jouissifs qui entre en symbiose avec le décor. Le long-métrage allie avec subtilité figure de style et hommage aux navets des années 50. Ayant fait un flop lors de sa sortie il est aujourd’hui considéré comme un classique pour les fans du genre même s’il reste encore assez méconnu.

DRAWERTV

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Trash Fire – Richard Bates Jr. – 2016 (USA)

Owen (Adrian Grenier de Entourage) est un garçon immature qui n’arrive pas à faire le deuil de ses parents morts dans un incendie. Il est en couple et sa copine lui annonce qu’elle est enceinte (mettez des capotes bordel). Elle veut alors être présentée au reste de sa famille pour se sentir un peu plus stable dans son couple vu qu’un bébé arrive. Ils vont alors chez la grand mère qui garde la petite sœur d’Owen (vous suivez toujours ?). Suite à quoi, nous allons en apprendre un peu plus sur ce sombre accident qui a brûlé en partie la mioche. La grand mère est bien fucked up, et autant vous dire que ça va partir en couilles, sinon c’est pas drôle. Si vous avez bien aimé The Visit de Shyamalan, mais que vous l’avez trouvé pas assez intense, je vous conseille Trash Fire qui est un peu plus jusqu’au-boutiste. Réalisé par Richard Bates Jr., à qui l’on doit l’excellent Excision (que je vous conseille aussi), Trash Fire est un film boudé du public mais qui possède une superbe photographie, un humour grinçant à travers des dialogues corrosifs et un casting franchement convaincant. Si vous êtes comme moi et que les vieux et le enfants vous terrifient, alors là c’est le combo gagnant.

DEMOISELLES D’HORREUR

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Balada Triste – Alex de la Iglesia – 2010 (Espagne)

 

Alex de la Iglesia étudie avec une grande cruauté ce moment où le mal-être touchant devient une rage malsaine. Avec un quasi noir et blanc haut en couleur et un sous-texte politique aussi présent que déprimant, Balada Triste renverse les figures romantiques pour exposer la bassesse et la vanité des grands sentiments. Le tout dans un film qui malmène son spectateur à grands coups de dégoût et de sublime.